X-Men

Jeu de Rôle sur X-Men, l'academie des mutants
 
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 Parc { libre }

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MessageSujet: Parc { libre }   Mer 6 Mai - 9:29

Une soirée comme toutes les autres. Le même air, chaque jour, la même rengaine, encore et encore, encore et toujours. Oh pitié, est-ce normal qu'une jeune femme puisse s'ennuyer autant ? Un rien ennuie la demoiselle, et celle-ci soupire alors que ses prétendants lui font la cour. Un intérieur riche, des meubles anciens, des petits plats contenant de minuscules mets raffinés et hors de prix, voilà le décor. Des gens, tout aussi aisé ou riche, selon la préférence d'appellation, parlant, discutant, argumentant de tout et de rien. Et sur un canapé de velours, la jeune Juliet soupirait de plus belle. Que faisait-elle donc ici ? Elle n'avait pas le gout de participer au conversation, et les belles paroles plus sucrées les unes que les autres qu'on lui adressait ne parvenait pas à la faire sourire. Une belle robe rouge en soie, ses longs cheveux soyeux tombant en cascade sur ses épaules nues et les lèvre écarlates, elle attirait décidément les regards de ces jeunes messieurs. La jeune rose leur plaisait, mais ils avaient beau faire, elle ne leur adressait qu'un regard et que quelques mots échangés par politesse. Et pourtant... Pourtant, elle était flattée d'être pour une soirée leur centre d'intérêt. Ils ne voyaient qu'elle, ne parlaient que pour elle, et attendaient de savoir s'ils auraient peut-être la chance de la revoir en dehors de ces espèces de soirées mondaines.


A quoi bon ? songeait-elle. Ils semblaient réellement très intéressants, tenant des conversations qui parvenaient à la maintenir éveillée, et pourtant, elle se connaissait. Combien de temps lui faudrait-il avant de se lasser d'eux ? s'interrogeait-elle avec amertume, avalant délicatement une gorgée de son verre de champagne. Peu de temps. Rare étaient ceux qui pouvaient trouver grâce à ces yeux durant un certain laps de temps, car il fallait deviner et faire en sorte qu'elle ne puisse guère avoir le temps à songer à l'ennui. Juste ce qu'il fallait de piquant, juste la bonne dose pour pimenter suffisamment la routine. A bien y regarder, l'un des prétendants de ce soir était agréable à l'œil ; il aurait pu être mannequin même. Peut-être l'était-il d'ailleurs. Il fallait avouer qu'étant encore quelque peu "nouvelle" à New York, elle ne connaissait pas encore toutes les personnalités composant ce que certains appellent "le gratin", et d'autres "les riches". Les riches... Il y avait décidément des personnes qui ne savent que dire ce terme au sujet des gens comme eux, qui sont aussi aisé que possible, remarqua Juliet, faisant un léger effort pour accorder plus d'attention à l'un de ses interlocuteurs. De quoi parlait-il ? De politique ? Oh-oh. Voilà un sujet sur lequel elle n'aimait vraiment pas s'étendre. Non pas qu'elle pensât que c'était là des opinions devant rester personnelles ; mais plutôt qu'elle ne s'y intéressait pas. S'il y avait une guerre ? Alors ce ne serait pas sa guerre. Une crise économique ? Bof. Crise ou pas, elle savait qu'elle ne manquait de rien. Le chômage ? Comment pouvait-on être au chômage avec le métier qu'elle exerçait ? Car aussi triste que cela est à dire, des morts il y en aura toujours, et des gens voulant offrir des funérailles convenables à leur proche, il y en aura également.

Finalement, si elle restait à cette réception, c'était plus pour être entouré de personnalités avec qui elle risquait d'avoir le plus d'atomes crochus. Et bien quoi ? Imagineriez-vous une jolie demoiselle, robe en satin et démarche délicate, dans les rues les plus sordides entourés de voyous, et de son plein gré ? Quelle idée vraiment. Néanmoins, l'heure tournant si lentement à son goût, et l'envie folle de prendre l'air se faisant ressentir, elle se décida à prendre congé de ses hôtes. A la grande déception des gentleman qui lui avait tenu compagnie. Bah, se dit-elle, ils trouveront bien une autre lady à occuper. Et c'est ainsi qu'elle se retrouva dehors, avec pour seul vêtement en plus de sa robe, une châle de même matière que sa tenue, et de couleur noire. Flânant, se promenant, à son rythme, elle s'offrit chez un fleuriste un superbe rose rouge. Oh, ces fleurs... Elle les aimait tant... Si belles... Si délicates... Si féminines. Si douces, aussi. C'est ainsi qu'une étrange lady, robe et lèvres s'accordant à merveille avec la fleur qu'elle tenait entre ses mains blanches, un tissu noir sur ses épaules nues, se dirigea sans y réfléchir vers le parc. Oh, certes, ce n'est pas un endroit particulièrement certain à cette heure-là, mais qu'importe ?

Elle n'avait jamais réellement connue la peur, étouffant trop dans son cocon pour cela. Elle savait le danger qui pouvait quelque fois rôder autour de soi ; et son métier le lui confirmait que trop. Mais à vrai dire, il ne lui avait pas réellement traversé l'esprit que cela pouvait lui arriver. Pourquoi y aurait-elle eu des soupçons ? Risible, n'est-ce pas ? Et c'est donc ici qu'elle daigna enfin s'arrêter, se posant délicatement sur un banc, le dos bien droit, et pourtant le visage repliée sur sa fleur, ne faisant attention à aucuns passants. Juste avant que le craquement d'une brandille au sol n'attire son attention, lui faisant relever la tête.


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MessageSujet: Re: Parc { libre }   Jeu 7 Mai - 2:15

The Red Duke était un bar restaurant à la carte variée et alléchante, où se retrouvait une clientèle aussi bien constituée par des hommes d'affaires venus boire un verre après une dure journée de labeur que par des jeunes gens venus fêter la première occasion venue. Situé dans une position stratégique pour attirer les nouveaux clients sa fière devanture de bois noir vernis arborait l'enseigne du restaurant en grandes lettres dorées. Grâce à son allure si caractéristique il était ainsi facilement repérable. Il s'étalait sur deux niveaux et les teintes chaudes qui habillaient son intérieur lui conféraient une atmosphère agréable et chaleureuse, idéale pour se détendre autour d'un café, dune bière ou même simplement d'un repas copieux. Et c'était justement dans ce bar restaurant que travaillait Matthew. Après avoir arrêté ses études il y a maintenant quelques mois, il avait de prime commencé en tant que garçon de café et avait fait bien des bars et des terrasses pour en fin de compte ne pas gagner grand chose. Mais à force d'efforts il avait réussi à dégoter ce poste en or de serveur au Red Duke qui représentait beaucoup pour lui, à commencer par un salaire régulier. Maintenant qu'il avait un emploi que l'on pouvait qualifier d'à peu près stable, il n'allait pas le lâcher de si tôt, ça certainement pas. Et même si le vieux Sullivan semblait s'acharner tout particulièrement sur lui, le dernier arrivé, et le faisait travailler dur, Matthew était jeune et pouvait supporter tous les caprices de son patron sans grandes difficultés. D'ailleurs c'était plutôt dans son intérêt s'il ne voulait pas repartir à nouveau en quête d'un travail.

Cependant, et une fois n'est pas coutume, le vieux Sullivan le laissa partir assez tôt ce soir là, à sa grande surprise, en raison de l'affluence inhabituellement peu élevée des clients. Si seulement cela pouvait arriver plus souvent, songeait Matthew en souhaitant une bonne fin de soirée à son patron. Il alla récupérer sa veste dans la partie interdite aux clients, rangée à côté de celle des autres employés, et s'apprêta à partir en vérifiant qu'il n'ait rien oublié. Il n'habitait pas la porte à côté et ne souhaitait pas perdre plus de temps à revenir chercher ses clefs, qu'il oubliait déjà assez fréquemment comme ça. Il mit donc la veste marron sur son épaule et quitta l'atmosphère chaleureuse du Red Duke pour plonger dans l'air rafraîchissant de la rue. Non pas que la soirée fut si fraîche, mais elle n'était pas non plus très chaude et il n'avait sur le dos que sa chemise blanche de serveur. Se perdant dans ses pensées à mesure qu'il remontait la rue, éclairée par la lumière jaune des réverbères et animée par les autres établissements, il se dirigea tranquillement vers l'endroit où il avait attaché son vélo en venant travailler en fin de matinée. Ah ! Son bon vieux vélo. Certainement le moyen le plus économique pour se déplacer dans la ville. Bon, il est vrai que les automobilistes ne font pas toujours attention, mais au moins n'avait-il pas à dépenser une fortune dans des litres de carburant, ou même dans un abonnement pour le métro, c'est toujours ça de gagné. Mais malgré la distance qui le séparait encore du minuscule appartement où il vivait il décida de continuer encore un temps à pied, son vélo à la main et l'air frais sur son visage lui faisant le plus grand bien. Il commençait à en avoir marre et le mal de tête qu'il avait réussi à supprimer en fin d'après midi revenait de nouveau. Il repensa aux trois comprimés d'aspirine qu'il avait pris pour le faire partir et se rendit compte que cela lui faisait de moins en moins d'effet. Maudit soit le jour où il se découvrit mutant. Pestant contre lui même, il foudroya une fois de plus ses mains gantées de ses yeux bleus. Ses mains à lui qui ne cessaient d'être en activité, vingt quatre heures sur vingt quatre, sans moyens pour qu'elles ne cessent de produire cette fichue électricité. Il tenta de se calmer en respirant profondément l'air frais de la nuit alors qu'il s'enfonçait dans des quartiers plus calme et moins bien éclairés de la ville. Ce n'était pas bon qu'il s'énerve comme ça, pour rien. Ses mains allaient encore crépiter et ses gants n'allaient pas aimer la surchauffe. Pas la peine d'en abîmer encore une autre paire.

Matthew continua donc d'avancer dans les rues, son vélo à la main, et accéléra. Il ne faisait pas bon traîner dehors à cette heure ci. Même si le quartier ne craignait pas trop, il y avait toujours des délinquants qui arpentaient les trottoirs à la recherche de problèmes. Il ricana silencieusement. Il le savait bien car il avait été lui même un voyou il n'y a pas si longtemps de cela. Pourtant cela lui semblait désormais être une époque si lointaine. Comme tant de choses peuvent changer en si peu de temps remarqua-t-il. Sortant un peu de ses pensée, il arriva devant le parc qui marquait la mi-parcours de son trajet. Cela faisait vingt bonnes minutes qu'il marchait à bonne allure et il ne s'en était même pas rendu compte. Il se dit qu'il ferait mieux de couper à travers pour gagner un peu de temps car mine de rien il n'était pas encore au bout de ses peines. Il n'avait même pas encore mangé, sentit-il soudainement, son goinfre d'estomac se rappelant brusquement à lui. Il traversa donc la route pour atteindre le trottoir d'en face et gagner une entrée du parc quelques dizaines de mètres plus loin. A cette heure-ci il ne croiserai personne de toutes manières. Enfin même s'il savait se défendre il espérait ne pas faire de mauvaise rencontre non plus. Il se renfrogna à cette idée et pressa le pas, son vélo ne faisant pas de bruit dans le noir de la nuit. Il traversa des rangées colorées de parterres de fleurs endormies, quoi que la lumière pâle des lampadaires n'atténua leurs couleurs. Il en avait bien pour cinq minutes à arriver de l'autre côté et il se dépêcha. Il traversait un petit pont de bois enjambant un cours d'eau quand, tournant la tête d'un côté pour admirer la calme de la nuit, il aperçut quelque chose qui le fit s'arrêter. Quelque chose, ou plutôt quelqu'un à ce qu'il semblait. De loin on aurait pu croire apercevoir une femme dans ce qu'il semblait être une robe … de soirée ? Il cligna des yeux et se demanda si sa vision ne lui jouait pas des tours. Pourtant il n'avait rien pris aujourd'hui qui puisse justifier une telle apparition. Mais il ne semblait pas rêver, la femme qu'il avait aperçut paraissait aussi réelle que lui pouvait l'être, même si on pouvait la croire toute droite sortie d'un film. Elle avançait de sa démarche délicate, dans une direction dictée par le hasard semblait-il, flânant ici et là mais toujours penchée sur quelque chose qu'elle tenait dans ses mains. Matthew ne put s'empêcher de la trouver belle et il continua à avancer à pas lents, sans faire de bruits, craignant de rompre ce silence magique qui entourait ce moment des plus étranges. Qui l'eut crû qu'il allait faire une rencontre aussi improbable ? Un moment elle passa dans un rayon de lumière blanche et il put l'apercevoir distinctement. Sa robe rouge de satin ressortait sur le noir de la nuit et ses long cheveux châtains tombaient sur ses épaules couvertes d'un châle noir. Son visage fin était absorbés dans la contemplation d'une rose qu'elle tenait au creux de ses mains, comme si elle lui chuchotait quelque chose. L'inconnue sembla finalement se décider à s'asseoir sur un banc pour se perdre dans ses pensées. Matthew ne s'en était pas rendu compte mais il s'était approché de plus en plus jusqu'à n'être plus qu'à une vingtaine de mètre à la limite de la zone de lumière. Il voulait s'assurer que ce n'était pas une vision dû au manque de sommeil ou même à la prise de quoi que ce soit d'illicite. Cependant il aurait dû faire plus attention. Involontairement il rompit tout à coup le silence en marchant sur une branche, se faisant sursauter tout seul. La jeune inconnue releva brusquement la tête au son du bois mort qui sembla résonner dans tout le parc à la fois et Matthew se maudit alors d'être aussi bête, s'en voulant de l'avoir dérangée et sûrement effrayée. Il s'avança alors précipitamment dans la zone éclairée par les lampadaires pour ne pas lui faire peur à rester dans l'ombre et s'empressa maladroitement de s'excuser, faisant tomber son vélo par la même occasion et s'en voulant d'être aussi gauche face à la grâce de l'inconnue.

- «Oh je suis désolé ! s'empressa-t-il de bredouiller d'une voix gênée; je ne voulais pas vous faire peur je vous assure. »

Il ramassa tant bien que mal son vélo, rouge de honte avant de se demander pourquoi il avait fait tant de chichi pour une femme.

- « Je passais par hasard et je vous ai aperçu, ajouta-t-il avec moins de stress, remettant en place les mèches noires tombées sur son front. Il faut dire que ce n'est pas courant aussi, de rencontrer une inconnue aussi belle dans un parc la nuit, lui avoua-t-il. »

Enfin, reprenant sa contenance normale il se présenta :

- « Je m'appelle Matthew. Matthew Lewis et vous ? Vous ne devriez pas vous balader si tard dans le coin vous savez. Les rues ne sont jamais sûre pour une dame. C'aurait pu être quelqu'un de beaucoup moins bien intentionné que moi, lui reprocha-t-il presque en la fixant de ses yeux bleus. »
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MessageSujet: Re: Parc { libre }   Jeu 7 Mai - 11:23

Relevant les yeux, elle y a aperçut un curieux jeune homme. Quelques années de moins qu'elle, à priori, mais qui cependant, était loin d'avoir un vilain visage. Du moins, elle avait déjà pire, même si elle avait vu mieux. Et puis de toute façon, qu'est-ce que cela pouvais lui faire ? Laid ou beau, ils finissaient tous par l'ennuyer au final. Vêtus simplement, il avait l'air étonnament banal aux yeux de la jeune jouvencelle. Une demoiselle qui d'ailleurs affichait à présent un air parfaitement surpris. Si elle ne pensait jamais qu'il pourrait lui arriver quelque chose de facheux, elle n'aurait pas non plus crût qu'un jeune homme pourrait passer par ici avec son vélo. Ecarquillant les yeux donc, l'examinant, elle fut abasourdie par cette entrée en la matière.

"Oh je suis désolé ! je ne voulais pas vous faire peur je vous assure." déclara-t-il d'un voix gêné.

Gêné ? Mais comment pouvait-il être aussi embarassé pour si peu ? Parce qu'il a eu un instant de maladresse ? Certes, cela pouvait survenir à n'importe quel personne. Quoiqu'il en soit, elle supposa alors qu'il n'avait guère pour habitude de parler avec de jeunes demoiselles comme elle ; auquel cas il n'aurait pas autant manqué d'assurance. Les gentleman qu'elle connaissait étaient certainement plus sur d'eux, et lui aurait alors présenté des excuses en lui faisant un baise-main. Un geste qui peut sembler ridicule à tant de personnes, mais qui n'était pourtant nullement indélicat. Oh et puis zut, se reprit-elle avec amertume. Les gentlemans étaient trop prévoyants, et ils l'ennuyaient tous, autant qu'ils pouvaient être.

" Je passais par hasard et je vous ai aperçu. Il faut dire que ce n'est pas courant aussi, de rencontrer une inconnue aussi belle dans un parc la nuit", lui avoua-t-il alors, reprenant de sa contenance peu à peu, en replacant des mèches de cheveux.

Et elle, elle restée là, interdite, ne sachant que répondre. Si elle failli rougir au petit compliment, elle se contena, préferant sourire du bout des lèvres et avec les yeux. Quelle femme ne serait pas, malgré elle, charmée par un homme lui disant qu'elle fut "belle" ? Allons, allons... La flatterie a toujours fait plaisir, soyons honnête. Elle-même y était particulièrement sensible, et ne se le cachait point.

"Je m'appelle Matthew. Matthew Lewis et vous ? Vous ne devriez pas vous balader si tard dans le coin vous savez. Les rues ne sont jamais sûre pour une dame. C'aurait pu être quelqu'un de beaucoup moins bien intentionné que moi.", lui dit-il sur un ton de reproche, la fixant de ses yeux bleus.

"C'est vrai", admit-elle, parlant enfin. "Je ne devrais pas, mais pourtant je le fais. Juliet J. Peterson, je suis enchantée de faire votre connaissance.", se présenta-t-elle, ne sachant trop bien si elle devait se relever ou non pour cela.

Finalement, elle opta pour cela, lui tendant alors la main pour les présentations.
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MessageSujet: Re: Parc { libre }   Jeu 7 Mai - 21:27

*Mais quel espèce d'empoté pas doué tu fais Matthew* se réprimanda-t-il pour lui même.

Heureusement que la jeune inconnue, qui parue tout d'abord très étonnée comme on pouvait s'y attendre au vu de la délicatesse du jeune homme, n'eut pas l'air d'être plus effrayée que cela au bout du compte et il fut soulagé. Au moins ne le prenait-elle pas pour quelqu'un de mal intentionné, tout du moins l'espérait-il. Et malgré l'air interdit qu'elle affichait il put apercevoir un début de sourire dans ses grands yeux noirs, à la lueur des lampadaires, illuminant son visage dans les ténèbres de la nuit. Au moins avait-il réussit à se rattraper un peu avec le compliment qu'il lui avait adressé. Compliment sincère qui plus est. Il n'avait pas l'habitude de côtoyer des personnes aussi bien habillées et il n'y connaissait pas grand chose en mode, mais cette robe de satin rouge lui allait à ravir. Il n'imaginait même pas combien de temps il lui aurait fallu travailler pour avoir les moyens d'en acquérir une. En comparaison, il devait lui sembler bien terne avec sa simple chemise blanche de serveur et son pantalon noir. Il se sentit d'ailleurs bien mal habillé pour le coup et plus à sa place. Il s'en voulait de l'avoir dérangée dans son intimité. Ce qui l'amena à se questionner sur ce qu'une dame comme elle pouvait bien faire en un pareil endroit à cette heure avancée. Observant la rose rouge qu'elle tenait entre ses mains, s'accordant à merveille avec la couleur de ses lèvres, il se demanda si elle était venue en cueillir quelques unes dans le parc. Idée plus que saugrenue que de faire ça maintenant. En fin de compte elle lui répondit, après l'avoir examiné quelques instants.

- « C'est vrai. admit-elle à propos de la remarque qu'il lui avait faite sur sa présence en ces lieux et à cette heure. Je ne devrais pas, mais pourtant je le fais. Juliet J. Peterson, je suis enchantée de faire votre connaissance. »

Elle s'était présentée en lui parlant avec une voix claire et aussi douce que devait l'être sa robe, seyant parfaitement avec l'image qu'elle donnait d'elle même. On l'aurait crue sortie d'un conte pour enfants de par le charisme qu'elle dégageait.

*Ça par exemple*, pensa Matthew, surpris. *J'avais imaginé me faire jeter comme un malpropre de part mon intrusion inopportune ou à ce qu'elle s'en aille, ne voulant pas prendre le risque de parler à un inconnu, mais certainement pas à ça.*

En effet, malgré sa surprise de départ elle ne semblait plus perturbée le moins du monde et s'était même présentée à lui avec un air des plus naturels. Enchantée lui avait-elle dit, ce que Matthew n'avait pas manqué de noter. Mais cela ne devait être qu'une manière comme une autre de se présenter se dit-il. Il doutait qu'elle soit réellement enchantée après son intrusion. Et bien, s'il s'attendait à cela. Une rencontre des plus inattendue n'est-ce pas ? Finalement, après un moment d'hésitation, elle décida de se lever pour appuyer ses paroles, quittant le banc de bois blanc sur lequel elle s'était assise pour se perdre dans ses pensées. Ce n'était qu'un simple mouvement, mais pourtant elle l'avait exécuté avec tant de grâce et de délicatesse. Une fois de plus Matthew ne put s'empêcher d'admirer sa beauté. Comme si sa simple présence suffisait à capter l'attention des gens. Sa rose toujours tenue contre elle, telle un joyau, elle lui tendit la main en guise de salutation. Matthew se raidit alors et réprima un léger mouvement de recul, observant la main tendue avec appréhension. Dieu qu'il n'aimait pas ces instants là ! Il n'aurait jamais dû s'approcher d'elle au lieu de continuer sur son chemin. Le voilà maintenant dans une situation qu'il détestait plus que tout, une des choses qu'il tentait d'éviter le plus possible étant justement de serrer la main aux gens. Pas plus tard qu'hier soir encore il avait grillé son micro-onde en appuyant sur le bouton de départ. Sa plus grande angoisse était qu'il fasse subir la même chose à un être humain, et même si jusqu'à présent cela ne s'était produit qu'une unique fois, il ne pouvait s'empêcher d'imaginer les conséquences que cela pourrait de nouveau avoir. Devait-il prendre le risque de lui serrer la main ? Il se voyait la foudroyer sur place et n'arrivait pas à enlever cette image de son esprit. Elle paraissait si fragile que cela pourrait bien lui être fatal. Mais d'un autre côté il ne voulait pas l'insulter et assurément c'est ce qui se produirait s'il ne répondait pas. Il resta impassible tout ce temps, ne voulant pas paraître bizarre à ses yeux et l'inquiéter. Comment réagirait-elle si elle savait qu'elle tendait la main à un mutant ? Il savait que les gants qu'il portait n'était pas d'un grand secours et se concentra pour rester calme. Puis, lentement, il s'approcha d'elle pour lui tendre sa main en espérant qu'elle ne tremblait pas. Il la regarda droit dans les yeux pour ne pas voir les deux mains entrer en contact.

- « Enchanté Juliet, c'est un très beau prénom que vous portez là vous savez »

Il avait dit ça pour se donner du courage et ne pas penser à ce qu'il pourrait se produire. Les quelques secondes insupportables pendant lesquelles ils se touchèrent lui parurent durer une éternité et, heureusement, il ne sentit aucun courant passer entre eux. Soulagé et rassuré, il n'osa pas prolonger le contact plus longtemps et détourna son regard en désignant le parc.

- « C'est un bien curieux moment pour sortir contempler une rose ici non ? »

Il avait à nouveau mal à la tête d'avoir dû se contrôler et n'était plus très à l'aise désormais.

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